série provençale  (5)

 Sous l’ombre bienveillante d’un platane, 4 papets devant leur petit jaune regardent passer quelques calinettes qui venaient du froid

Légères ,  jupettes au ras du bourgnounet ,  les poupelouns à l’air et le nombril à la fenêtre ;   en sirotant leur pastis  ils y allaient de leurs commentaires .

- Tu crois l’Émile que ce sont des cagoles-

- Mais non, juste des frileuses qui recherchent le soleil, on peut bien le partager, et en plus ça fait marcher le tourisme.

- tron de sort, si la mamet s était habillée ainsi, j’aurais eu peur d’être cocu..,  fan de lune.

-tu  galèjes Emile, toutes les filles, même les tiennes sont ainsi,  t’es plus qu’un vieux  tromblon, elles ont toutes depuis longtemps vue péter le loup.

Et c’est bien ainsi

-moi, je veux bien, mais, rien qu’à les regarder, j’ai les boutons de mon bragallon qui pètent et pas question de les jasper ,  c’est le feu du diable ces filles.

- tu ne vas pas me dire que ta torchère est encore bonne à servir..

- bon, bon, j’ai rien dit, mais n’empêche, quand le mistrallon soulève leur jupe, toutes les têtes et les bistouquets sont prise de folie

- Allez, à la tienne Emile, et ne rêve pas.

- justement voilà ton petit fils, Antoine, le beau pécheur de langoustes qui sévit dans tous les ports de la côte. 

- Il fait quoi en ce moment ?

 - il cabote et emmène les belles estrangères  pêcher dans la grande bleue à bord de son pointu amarré à buo porto, à deux pas d’ici

- alors  mon gars, ça va, quoi de neuf ?

-bon ,pas grand chose, la pêche est maigre et mon bateau n’a pas le confort des yachts dans le port d’a coté,    Mais, moi, je suis beau et jeune, vigoureux et patient, pas comme les vieux barbons du  show- bis

- et que vois-je la galinette à Émile, quelle belle fille,  avec tout ce qu’il faut là où il faut

- Bonjour la  Miss,  quelle belle journée, et quel plaisir de vous croiser. Mon bateau est à une encablure d’ici, enfourchez ma moto et en deux temps trois mouvements, je vous fais connaitre le plaisir de la mer, du soleil et de l’amour, si vous le désirez. On met la voile , et vogue la galère,  prête pour le tour du Monde en ma compagnie

Pas farouche la demoiselle elle ne cherche pas à faire la chichette, elle est nature et n’écoutant que le diable qui la conseille,  elle suit Antoine, et chevauchant la moto, les bras passés autour du torse du conducteur, elle respire l’air marin, et  se grise du vent qui la fait vira caloto

Arrivés au port petite déception , en place d’un bateau  une barcasse avec quelque relent de poissons et des nasses encombrantes

-comme nid d’amour, on fait mieux, elle qui rêvait de couchettes confortables, de coupes de champagne et de musique romantique, elle est déçue.  Pourquoi les beaux bateaux sont-ils réservés aux belles filles qui n’ont rien à faire, mais qui cherchent fortune, alors  que les braves filles autochtones doivent se contenter des produits locaux

Où est la justice ?

-mais, ce qu’elle ne sait pas, Antoinette, c’est qu’Antoine  a un bagout comme tous les hommes de mer , et qu’il aime faire son pistachier

Au bout d’une heure, elle a la tête toute pleine de belles images, de voyages, de prouesses et de courage.

Ce n’est pas une chiffe molle l’Antoine, il est testard

Et alors, arriva ce qui devait arriver……..

Et dorénavant, elle attend tous les soirs  le retour du marin, heureusement qu’il n’était pas pêcheur de morue au large de l’Islande

Pour avoir un planplan, au quotidien il fallait qu’elle choisisse le facteur du coin.

 

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