Chronique provençale   N°6

Magali, digne fille de Provence,  mais de l’époque actuelle, pas celle de sa grand-mère, buguadière par nécessité, où le linge des nantis se lavait à la source ; elle était moderne, elle avait un portable, un P.C avec tout et tout pour découvrir le monde et les meurs des autres, sans bouger de chez elle.

Elle ne courait plus les collines à la recherche des brebis perdues, mais parfois, elle aimait les parcourir à la recherche de l’homme perdu.

 Se perdre dans les lavandes, quitte à se retrouver la tête à l’envers, s’envoler au grès du mistral qui fait vanéga l’évori et fait perdre la notion du présent

Certes elle n’était plus vierge, le Marius l’avait initieé à certains plaisirs sur la table de préparation des fromages de ses chèvres préparés par ses soins sur l’établi, bon souvenir….. C’était il a y quelques années

après Marius, il y eu quelques passages de vacanciers, sans grand  intérêt juste le plaisir d’un moment.  Pas vraiment négligeable, simplement le regret de qu’il ne soit pas ….l’Homme de sa vie.

 Pourtant elle n’est pas une coucourde,

À force de chercher, va-t-elle trouver ?

                       Par une belle journée d’été où un doux zéphyr faisait bouffer les jupons, une arapède, collant pas possible, attablé au petit bistrot du port,  lui proposa de venir avec lui pour lui faire visiter le château voisin.   Pensant lui rendre service, tout en remarquant son regard concupiscent sur son décolleté, qu’elle avait plantureux,  elle accepta volontiers, un estranger ne peut qu’être affable,  ils grimpèrent le long du chemin, elle devant, lui derrière. Au bout de quelques mètres, l’affabilité se changea vite en gestes équivoques, à coup de petites tapes sur les fesses, il la  poussait pour  aller plus vite, pourquoi, le paysage était splendide, pour qui se prenait il, pour  un ânier poussant son âne tout en n’étant pas cul cousu, elle trouva qu’il ne manquait  pas de culot et  quand il lui proposa , arrivés à l’étape de souffler le candello  elle l’envoya se faire vider les coucourdons en  allant évacuer le trop plein de  l’eau des  ses

olives dans la pissotière au bout de la ruelle….. non mais, Magali n’est pas  une fille de plaisirs aux ordres d’un quelconque estivant

Elle consomme local                                                               Donc fini la visite et retour dans sa bergerie

Là l’attendait son vieux copain Marius toujours accompagné de son chien fidèle qui pistait toujours les femelles en mal de mâle

Hello Magali, quoi de nouveau, l’homme de ta vie, tu l’as trouvé ?

Penses-tu, que des branleurs  qui ne pensent qu’à leur bistouquet, moi je ne recherche qu’un  tendre  amoureux, gentil, plein de délicatesse,  prenant soin de mon cœur et de mon corps,  , l’oiseau rare dit ma mère

De mon temps me dit-elle, les filles étaient plus prudes et ne se mariaient qu’après de longues fiançailles, même si, parfois, en cachette, on allait  s’anèn mescla dans les romarins… mais chut, faut pas le dire, les commères ont la langue bien pendue

Mais maman, on n’est pas au siècle dernier, les filles et les gars, sont libres de s’aimer, seulement voilà, s’aimer juste pour quelques jours, c’est possible,  mais pour au moins  plusieurs années,  je ne trouve pas….

Pauvre Magali

Ayant fait le tour de  ces anciens amis, ,  elle décida de poster sur un site de rencontre

Se présentèrent  plusieurs prétendants,  tous bien sous tout rapport, doux câlins, beaux, intelligents jeunes et bien fait, enfin sur leur profil, dont un parisien  sous  le pseudo d’ Ange, tout un programme… alléché probablement  par la situation géographique de la belle Magali, la Provence… il insista pour la connaitre lui faisant miroiter une vie de rêve

 La mer, les plages, le soleil, le farniente, le travail facile surtout fait par les autres

Ne voila il pas qu’elle s’emmouracha de cet Ange,  qui avec ses belles paroles de pistachier , lui mis la tête a l’envers, pire que le mistral.

 Après quelques jours plaisants, il l’informa que sur les plages,  on embauchait  des masseuses en tout bien tout honneur…. Contre une petite    gratification non déclarée au fisc, juste un petit pourcentage pour lui,  on va se faire   des couilles….. En or tous les deux.

Pauvre Magali, la voilà arpentant les plages de la côte, logée dans le camping voisin, nourrie quand la recette était bonne,  et habillée, ou plutôt déshabillée avec soin, juste un petit string et des décalcomanies sur le corps représentant le menu…. A la demande

Éreintée, meurtrie par les demandes invraisemblables de consommateurs qui sous prétexte de payer se croyaient tout permis, elle alla consulter le maitre nageur,  un homme honnête, sauveteur des corps perdus au large, mais qui sur la plage donnait les premiers secours aux âmes perdues,  costaud comme il est il la prit sous son aile

Ce charmeur de maitre nageur, bel homme, longues jambes bien musclées, ventre plat et musclé, poulido besti et biroulet actif.  Il s’y connaissait en  femmes et savait les consoler, un peu pistachier sur les bords, il n’était pas de la région pour rien, il baratinait un peu mais si gentiment qu’elle  tombât en amour, , mais les amours marins sont faites de sable et d’eau, et en attendant les grandes marées, elle s’allongea sur le sable et dit oui.

 Après la saison, la plage se vida et le beau maitre nageur repartit sous d’autres cieux.

 Elle continue à parcourir les sentiers  durant la saison hivernale espérant que le souvenir le ramènerait vers elle, peut être l’année prochaine,  elle est triste naturellement, mais que de souvenirs…

 Retournée dans ses collines  elle retrouva son vieil ami Marius qui lui glissa dans le creux de l’oreille … moi je suis là,   l’amitié est  plus forte que l’amour éphémère.

Elle va réfléchir Magali……..