+Raconte ..  Bilitis   (16)

 Elle attend, sans impatience, son maitre qui est parti en croisades, il préfère chasser les Sarazins que de combler son épouse,  pauvre dame qui se morfond dans sa tour, seule avec ses chambrières toutes dévouées à sa personne.

De l’amour elle ne connait que l’entre-deux-guerres, sans être brutal, mais sans douceur,  le plaisir féminin n’étant pas sa priorité   

Après un bain fait d’herbes aromatiques, sa servante  lui propose de se reposer et de s ‘allonger sur le sofa. Toute alanguie et rêvant à un improbable amour, les jeunes pages étant interdits d’accès à la tour, elle écoute Billitis, sa chambrière préférée

.Douce maitresse, ne te languis pas, voies, moi je suis vierge de tout homme, et cela ne m’empêche pas de connaitre le plaisir

Les femmes sont plus habiles à aimer que certains hommes qui sont plus ou moins égoïstes

Aujourd’hui, je vais t’aimer, nous aimer, à ma façon

Je prends ta chevelure à pleine main et d’une main experte  la caresse, je descends mes lèvres jusqu’aux tiennes, je prends ta main et la pose sur mes seins

Retire ce voile qui cache ta beauté, offre à ma vue ce paradis enchanté qui cache ta rose, fleur épanouie et vierge de toutes caresses féminines, les plus douces

Ce n’est qu’un jeu, à l’abri des regards des  hommes, mais qui est  beaucoup plus subtil, car fait de tendresse pure et réciproque

L’homme est parfois violent et paresseux en amour,  ils sont parfois laids et fiers de l’être, les femmes sont toutes belles, douces et aimantes

Dans mes bras, tu connaitras le plaisir partagé, car mes caresses demanderont les tiennes, et te feront oublier la  rudesse sans joie de l’étreinte masculine

Maitresse,  aimons-nous, en attendant le retour du guerrier

Après maintes démonstrations de ce que doit être l’amour lesbien, elle redouta l’arrivée de son maitre,

Il  la trouva totalement épanouie et lui demande son secret

Je connais maintenant les endroits secrets que tu n’as pas découverts toi-même, Bilitis, ma chambrière est experte dans cet art, ne cherche pas a y avoir accès directement, elle refuserait, craignant les hommes, mais, moi, maintenant,  je sais, et si tu tiens à moi,  accepte que je te donne quelques conseils…

Ainsi fut fait, et il apprit,  à  son orgueil défendant, qu’un homme ne sait pas tout sur les femmes

à suivre...