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Raconte Emilienne

Emilienne, grande et belle femme, capeline et voilette à la mode, se pressait à grands pas vers ce lieu de perdition, qu’est une garçonnière

Elle avait rencontré un bellâtre au cours d’un diner entre amis. Beau brun, chemise impeccable, veste cintrée chaussures vernies, bref le parfait gentleman, croyait-elle.

Au début du repas il avait pris place à ses cotés, lui faisant mille compliments sur sa beauté et son intelligence,  parfois son pied rencontrait le sien, elle laissait faire, il lui plaisait bien, son mari, pauvre homme n’y voyait que du feu

Avant de prendre congé, il lui glissa un billet dans son sac, rendez vous demain, 15 heures, 15 rue de Montpensier,  deuxième étage, je vous attendrai. Après quelques hésitations, c’était la première fois qu’elle se permettait une incartade de cette nature, elle accepta

Elle monte, un peu essoufflée d’avoir couru, n’ayant pas voulu prendre le fiacre par peur du quand dira- t on.

Il l’attend en tenue d’intérieur, une carafe et deux verres sont posés sur le guéridon

 Ne voulant pas passer pour une femme légère, elle minaude un peu, mais finalement, trouve très amusant ce jeu du  chat et de la souris

Elle commence par ôter son chapeau et sa voilette, ses gants suivent le même chemin Il attend qu’elle lui demande de délacer son corsage, permission accordée, et en  jouant toujours, elle soulève son jupon et lui demande de retirer ses jarretières,  une jambe apparait, puis l’autre, le corsage s’envole et ses deux seins rebondissent hors du corset, ouf,  que c’est bon..

Monsieur pendant ce temps là, très discrètement, se met à nu et tente de l’entrainer vers le lit,  sans perdre de temps surtout. Son temps est compté, il doit retourner à son bureau, le 5 à sept, c’est suffisant.  Pourvu qu’elle ne demande pas à le voir quotidiennement,  et surtout, qu’elle ne pense pas à quitter son mari, pauvre homme qui ne se doute de rien,  mais….

 Des pas, un coup de sonnette, Ciel Mon mari, !!! pas si naïf le bonhomme, il avait assisté aux représentations des pièces de  Georges Feydeau et, en interrogeant la soubrette (qu’il rejoignait dans sa chambrette en l’absence de sa femme), il avait compris la traitrise  d’Émilienne  

Les libertés qu’il s’octroyait devaient rester uniquement masculines, sa femme devait juste être là pour lui.

Elle s’esquiva vite fait par la porte de service, les bottes à la main et son chapeau de travers, son mari n’ayant pas pu entrer chez l’amant qui avait l’habitude de cet état de chose  il savait se montrer silencieux et  garder porte fermée,

 Elle rentra chez elle en faisant un détour chez une amie, alibi oblige, surtout déçue de ne pas avoir pu aller au bout de cette aventure

 

La prochaine fois se dit elle, je coucherai avec le cocher, à domicile

 Comment expliquer que l’homme peut, mais pas sa femme